La quête du bien-être, symptôme Covid ? Episode 2

Connaissez-vous l’orthorexie ?

C’est le souci de bien manger qui développerait jusqu’à devenir une pathologie. Certes, il y a de quoi être perplexe, voire méfiant, devant un désir, somme toute bien naturel, que l’on érige en maladie. Apparemment, la personne atteinte de ce « mal » se soumettrait à tous les diktats de la consommation de produits sains et naturels : attention à l’excès de viande rouge, aux saumons irradiés, aux faux thons, aux poulets à la dioxine, aux œufs, au gluten, aux produits laitiers, aux marques qui font du faux bio, aux plats préparés en grandes surfaces, aux 10 fruits et légumes par jour, aux pesticides… J’arrête là ; il y a de quoi devenir chèvre (pas trop d’interdiction pour elles, en revanche !). Mais de là à en devenir malade ?

J’avoue ne pas être convaincu par cette nouvelle mise au pilori d’une démarche à priori saine et sensée. Ce qui m’interpelle le plus est l’éventail des critères qui va vous désigner victime de cette pathologie. Pour le faire moi-même, je sais pertinemment qu’il est souvent compliqué de faire ses courses « saines » et de tout trouver au même endroit. Dans ce magasin, les viandes, au marché, les légumes, ici, le pain, là le vrac… C’est vrai que c’est plus compliqué, mais on prend vite l’habitude et on s’organise. Suis-je malade ? Qui va en décider ? Y-aura-t-il un jour une Police de la Consommation ?

Lorsque de nouvelles prises de conscience voient le jour, des transformations s’opèrent, des changements de comportement se mettent en place et seul le temps et le recul nécessaire permettront d’en avoir une lecture mesurée. D’ailleurs, l’orthorexie n’est pas officiellement encore reconnue :

« La dénomination « orthorexia nervosa » a été créée en 1997 par Steve Bratman. Dans la mesure où il ne s’agit pour l’instant pas d’un diagnostic officiellement reconnu par les classifications internationales des maladies mentales telles que le DSM5, ou encore la Classification Internationale des Maladies, la CIM 10, il convient cependant de parler d’« orthorexie ». Ce mot vient du grec et pourrait se traduire par « appétit correct ».

L'Orthorexie - La Réponse du Psy (lareponsedupsy.info)

On appréciera…

Pour l’heure, alors que nous peinons à nous débarrasser d’un simple virus, ce que ce dernier nous a obligé à vivre a été un catalyseur et un accélérateur de vie pour la plupart d’entre nous.

Autour de moi, partout, dans tous les milieux, dans tous les genres d’habitats, ruraux ou urbains, la pandémie et surtout les confinements, ont changé la donne : un nombre impressionnant de personnes se posent la question de l’adéquation de leur travail avec leurs aspirations et se forment pour changer de voie (d’avenir, bien sûr) ou de lieu de vie.

Ces prises de conscience deviendront-elles un jour une nouvelle pathologie ? Ce qui est sûr, c’est qu’elles révèlent un mouvement de fond indéniable, en termes sociologiques.

Il est évident aujourd’hui que notre société moderne ne nous prodigue pas « tout pour être heureux » et c’est peut-être une chance ; celle de chercher nous-mêmes ce qui nous meut, nous émeut, ce que nous sommes vraiment et ce qui nous fait du bien, ce qui nous rend heureux… Jusqu’à ce que nous soyons un jour diagnostiqués malades de cette recherche de bien-être ?



Pour illustrer ce propos à plusieurs titres, permettez-moi de vous présenter Maxime Dhinaut.

Il exerce depuis 10 ans à Préseau (59990) comme osthéopathe et a suivi des formations complémentaires au fil des ans, notamment en magnétisme et en médecine chinoise. Parallèlement, il donnait des formations dans le milieu du travail. Il a fini par passer un Master en Sciences de l’Education. « Je voulais déjà monter quelque chose, avoir mon organisme à moi, mais rien de bien défini. A la base, l’idée du Master, c’était que je donnais des formations depuis plusieurs années en tant que formateur et comme en France on aime bien les diplômes, il m’en fallait un. Et puis, c’était une roue de secours : je travaille de mes mains et si un jour, j‘ai un accident et que je ne peux plus exercer, au moins je pourrai rebondir.

Plus j’avance du côté de l’osthéo, plus je sentais que ce serait bien de transmettre cette vision que j’ai du soin et des personnes. Le magnétisme et la médecine chinoise, c’est pour apporter une complémentarité qui va plus loin. Lorsque je faisais des formations en osthéo, j’apprenais des choses, mais j’avais l’impression de ne pas m’enrichir vraiment. Je sentais qu’il y avait quelque chose de plus et j’ai découvert à travers ces formations que c’était vraiment ça que je recherchais : une vision différente du soin, complémentaire de l’osthéopathie, qui travaille sur le corps, les articulations, les organes, le travail viscéral et avec le magnétisme, on va travailler la dimension énergétique du corps. Je comprends mieux, j’accompagne mieux mes patients et leurs problématiques.

Quand j’ai constaté ce que cela m’apportait dans mes consultations, j’ai su que j’avais fait le bon choix : j’ai pu régler certains problèmes de santé que je n’arrivais pas à régler auparavant ».


Maxime Dhinaut travaille notamment avec les ventouses, assez répandues dans les soin de médecine chinoise traditionnelle, sur le principe de la révulsion ; soit attirer le sang vers l’extérieur du corps… Un peu comme les sangsues au Moyen-Age !

« Lorsque l’on a un blocage tissulaire ou une congestion viscérale ou organique, le sang va stagner dans les tissus profonds et qui va créer l’inflammation et renforcer le blocage. La ventouse aspire le sang dans les tissus profonds pour les injecter dans les tissus superficiels (c’est le rond rouge que vous avez sur la peau) et de libérer l’articulation problématique par exemple. On pratiquait aussi les saignées (ce qui est aujourd’hui interdit) pour libérer le sang (qui est d’ailleurs très noir, puisque désoxygéné). Les ventouses fonctionnent très bien sur des problèmes de viscères, de digestion, de règles douloureuses, je ne fais pratiquement que des poses de ventouses, tellement c’est efficace !

Est-ce que la patientèle de Maxime Dhinaut oppose des réticences à l’application des ventouses ? Il est vrai que culturellement, celles-ci peuvent paraître un peu « médecine de rebouteux » ou sembler appartenir à un passé révolu…

« Il y a plusieurs types de patientèle : ceux qui sont assez âgés pour avoir connu les ventouses dans leur enfance, souvent pratiquées pour des problèmes de bronches, avec l’application d’un cataplasme à la moutarde – les gens réagissent tout de suite « mais oui, je me souviens, ma mère me faisait ça ». Les patients entre 30 et 50 ans ne connaissent pas et quant aux jeunes, ils connaissent parfaitement : ce soin a été remis à la mode depuis quelques années dans le monde du sport. Avec les réseaux sociaux et les Instagram de joueurs de foot qui se prennent en photo pendant une pose de ventouses, les jeunes sont au courant et contribuent à populariser largement ce soin. J’en ai proposé à un garçon de 8 ans qui m’a dit « Bien sûr que je connais, je suis allé voir sur Youtube des tutos, j’en ai vu sur Insta, je sais comment on fait… » Ses parents n’en revenaient pas.

J’ai une patientèle qui vient aussi spécifiquement pour ça. Via ma page facebook (Maxime Dhinaut Ostéopathe et Praticien en Energétique Chinoise | Facebook), j’en parle également.


J’ai une patiente qui a travaillé pendant le premier confinement sur un tabouret de bar dans sa cuisine...


Côté confinement, comme je suis en milieu rural, le gens étaient déjà ouvert au genre de soins que je propose. Mais j’ai constaté une plus grande fréquence de consultations : des gens que je voyais une fois par an ou tous les deux ans, viennent maintenant tous les 6 mois. Notamment à cause des contraintes que le télétravail a apporté dans leur vie. Avant, ils travaillaient sur des bureaux et des chaises plus ou moins ergonomiques ; là, j’ai une patiente qui a travaillé pendant le premier confinement sur un tabouret de bar dans sa cuisine…Et j’en ai beaucoup qui viennent comme ça. J’insiste en leur disant d’acheter un bureau, une chaise… Parce qu’il ne faut pas se leurrer : après le confinement, il y aura encore du télétravail. Je vois des grosses entreprises dans lesquelles j’interviens, qui sont en train de sonder leurs salariés pour savoir, post-Covid, quand ils peuvent être en télétravail. La question qui est posée n’est pas de savoir s’ils le désirent, mais quels jours de la semaine ils vont le faire. Dan ce cas de figure, c’est donc un investissement pour sa santé pour être bien installé chez soi.

Après les patients que j’ai en consultation, prennent ça avec philosophie : ils en ont marre comme tout le monde, mais il n’y a pas cette grogne que l’on peut retrouver sur les réseaux sociaux, comme les anti-masques, anti-gouvernement, anti-vaccins… Mais ils sont chez eux, dans une maison avec jardin et pas un appartement de 50m2 avec 3 enfants… 2020 a renforcé en revanche leur choix de soins naturels, de faire attention à soi, de préférer l’osthéopathie aux médicaments par exemple. Avec les suspicions d’une erreur en laboratoire à l’origine du Coronavirus, les gens prennent peut-être plus leurs distances avec la frange industrielle de notre pharmacopée… Mais les changements sont là : en période crise ou de guerre, on avance de 10 ans : télétravail, apprentissage à distance, mais aussi les fractures sociales et numériques.

Mais il faut résolument regarder vers l’avenir : 4 mois avant le confinement, j’avais parlé à mon épouse de mon idée d’école de soins énergétiques (Soins Énergétiques | Ecole de soins énergétiques | France | Ventouses (ecole-soins-energetiques.com)) et c’est vrai que ça a pris tout de suite : mes premières formations se sont vite remplies, juste avec ma page Facebook. Aujourd’hui, même si nous sommes dans l’incertitude sur la solidité et la réalité de la reprise ou du retour « à la normale », je continue mes formations à mon rythme, je crée des partenariats avec des professions pour d’autres modules, mais je reste prudent. Depuis plusieurs années, je trouvais qu’il y avait un retour à certaines valeurs, comme l’attention à soi, à la nature, à ses proches mais le confinement nous a fait faire un bond en avant incroyable… Et encore, je trouve que ce n’est pas encore suffisant. Le gouvernement n’en parle pas trop, mais sur l’hygiène de vie des gens, on n’en parle pas beaucoup, mais le premier principe est quand même de renforcer nos défenses immunitaires : avant de parler de vaccins, il faut essayer soi-même d’avoir une bonne hygiène de vie, de boire assez d’eau, de faire du sport, de détoxifier son foie et de renforcer ses défenses immunitaires aujourd’hui parce que même si l’on est infecté, on sera plus résistant. Et malheureusement, on n’en parle pas. Que ce soit de la part d’entreprises qui auraient pu s’engouffrer dans la thématique de la défense immunitaire, comme les producteurs de Propolis par exemple, ou que ce soit par la voix d’Emmanuel Macron, lorsqu’il arrivait à un niveau de détail où il conseillait aux gens d’ouvrir les fenêtres 3 fois par jour, il aurait pu évoquer le sujet de développer son immunité individuelle… Le corps humain est quand même fait pour maintenir son équilibre et fonctionner au mieux. »

(photos : Maxime Dhinaut - Pexels/ekaterina-bolovtsova)

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