La quête du bien-être, symptôme Covid ?



Suite au confinement et à tout ce que nous avons vécu depuis mars 2020, près de 77 % des Français veulent mieux organiser leur temps pour profiter des choses importantes comme des petits plaisirs de la vie. Et 70 % d’entre nous veulent s’accorder plus de temps pour eux et leurs passions… La Covid est une occasion historique de remettre les choses à plat, de s’interroger et de revoir ses priorités. C’est notre point commun, même en vivant des situations très différentes, de nous remettre en question, ou tout au moins de nous questionner.

Et de penser à nous.

D’abord, en tant qu’individu, ensuite en tant que cercle de proches, pour finir par l’idée de fonctionnement collectif, de société…

Et même si la naïveté des illusions qui sont nées dans la confusion, l’angoisse et l’enthousiasme du premier confinement, il n’en reste pas moins qu’un grand nombre de personnes repensent désormais leur mode de vie, leur relation aux autres, à leur (télé)travail, et à eux-mêmes. Les règles de la vie sociale que nous pensions acquises pour toujours nous ont été enlevées ou, à tout le moins, fortement contrariées (masque, distanciation, …).

Une personne de la région qui habite Arras me disait hier que sa ville est devenue ultra demandée par les Parisiens qui se sont rendus compte lors du confinement des limites de leur mode de vie et de ce qu’ils acceptaient jusqu’alors ; ils cherchent désormais à acheter dans des villes agréables à vivre à une heure de Paris maximum.

Alors, comment penser à soi, se faire du bien, revenir à des habitudes bénéfiques pour sa santé, autant physique que mentale ? Il n’est pas facile de franchir le pas lorsque l’on a négligé de s’occuper de soi et que l’on ne sait pas comment atteindre un meilleur mode de vie ou au moins ressentir un bien-être qui nous aidera à traverser les bouleversements que nous avons connus et ceux qui nous attendent encore…

J’ai donc choisi deux personnes du Valenciennois qui, chacune à leur manière, sont les témoins de leur temps et de la tendance profonde de nos contemporains à lâcher l’idée aveuglante du progrès pour se recentrer sur leur bien-être.

Premier volet avec Evelyne Denglos, fondatrice des podcasts « L’éveil des consciences » et de la marque Consciousness (liens en fin d’article).


« Tout a commencé avec l’accident grave de mon papa en 2011. Aujourd’hui, c’est encore un long combat de chaque jour et ça a été un choc de réaliser à quel point la vie était fragile, qui m’a remué à tous les niveaux. Donc, je me suis questionné sur ce que j’allais faire de ma vie et comment j’allais pouvoir rester en bonne santé, mentale et physique. J’avais entrepris des études dans une école de commerce, avec une spécialité dans le textile, et après la validation de ma licence, je suis partie avec mon sac à dos, pour faire un tour du monde découvrir d’autres cultures et voir ce qui allait se passer. J’ai fait l’Indonésie, la Thaïlande, l’Inde et l’Australie. Les deux premiers pays ont été vraiment révélateurs parce que c’est là - surtout en Thaïlande – que j’ai décidé de faire de la méditation Vipassana ».

Vipassana, qui signifie voir les choses telles qu’elles sont réellement, est l’une des plus anciennes techniques de méditation de l’Inde. Elle a été redécouverte par Gotama le Bouddha il y a plus de 2500 ans et était enseignée par lui en tant que remède universel pour des maux universels ; c’est un art de vivre. Cette technique non-sectaire a pour objectif l’éradication totale des impuretés mentales et le bonheur suprême de la libération totale qui en résulte. La vie se caractérise alors par une conscience augmentée, l’absence d’illusions, le contrôle de soi et la paix.

« J’avais rencontré des voyageurs qui m’avaient recommandé ce centre de méditation gratuit ouvert à toutes celles et tous ceux qui voulaient découvrir le bouddhisme.

L’idée est de revenir à soi, à son corps, à son souffle, de ralentir ce flux de pensées continuel – on a plus de 60 000 pensées par jour – qui est sollicité en permanence par le mode de vie des sociétés occidentales.

La méditation a été une révélation mentale et physique, avec les substances du bonheur – la dopamine et la sérotonine qui étaient décuplées -, et ce, pendant tout au long de mon séjour (plusieurs mois). J’étais assez impressionnée de voir les effets sur le cerveau : tout était merveilleux ! Ce retour à la source en plein forêt a été une expérience tellement riche que j’ai ressenti le besoin de faire quelqu’un chose pour les autres, pour donner du sens à ma vie et, je l’espérais, en donner à celle des autres…

C’est en Australie, fin 2017-début 2018, que le projet a émergé de créer un podcast d’informations qui font du bien, à écouter gratuitement...

De retour en France, le choc a été rude.

Mais je me suis réadaptée, grâce à la régularité et à la discipline, en poursuivant la méditation, tout en reprenant ma vie ; c’est ce qui m’a permis d’être beaucoup plus apaisée, de ne pas réagir de façon épidermique à mes émotions, de prendre du recul… Et puis, j’ai décidé de me reconvertir dans l’enseignement, parce que j’avais vécu des expériences de ce type en Australie et j’ai repris un Master « Français Langues Etrangères », ce qui me permet de gagner ma vie, en parallèle de mon emploi d’institutrice.

Je me suis lancé dans le podcast et l’aventure de « l’éveil des consciences » et j’ai commencé à aller interviewer des gens, des auteurs, des conférenciers sur des sujets très variés, en lien avec les émotions, les thérapies, les bols chantants, la méditation, la naturopathie, le jeune, jusqu’au chamanisme… Tout ce qui est en lien avec le bien-être.



Et puis, il y a le sujet de la transition de vie, comme cette famille avec leurs enfants qui ont tout plaqué par aller vivre en bateau et envoyer des documentaires sur le bien-être et sur la transition de vie… C’est toute cette recherche de sens, de vouloir se sentir mieux et agir en conséquence en fait qui m’intéresse. Pour accompagner les personnes en recherche, j’ai décidé de créer une marque, qui s’appelle Consciousness, à travers laquelle je propose des bols chantants qui viennent du Népal, des coussins de méditation et des bolsters de yoga (coussins pour la tête)…

Aujourd’hui le podcast hebdomadaire « l’éveil des consciences » est sur plusieurs plateformes (plus de 5), dont certaines ont jusqu’à 6 000 écoutes et cumulées, on doit être à plus de 15 000 par semaine. On m’écoute à Paris, au Canada, en Afrique, dans pas mal de pays francophones…

Avec une mention spéciale pour le Québec, où on est plus sensibles à ce genre de démarche spirituelle.

Au départ quand j’ai lancé le podcast fin 2018, c’était beaucoup plus modeste, mais j’ai noté une grande différence avec l’arrivée du premier confinement où j’ai constaté que de plus en plus de personnes avaient soif de se sentir mieux, de rechercher de l’information qui leur fait du bien, de trouver un sens à leur vie. Et c’est vrai que le podcast, par rapport à ce que recherchaient ces personnes, était une solution intéressante pour atteindre ces informations.

Mais comment faire le tri dans toutes ces nouvelles propositions, qui ont l’air souvent alléchantes ?

Ma façon de fonctionner est plutôt intuitive, je me renseigne, je prends des références qui m’interpellent et je contacte des intervenants pour échanger et mettre en valeur ce qu’ils proposent ».

Ensuite, il y a pas mal de lectures et de belles rencontres, comme celle – une des plus récentes - d’Anne Cazaubon, journaliste depuis plus de 20 ans pour différentes antennes tels qu'Europe 1, RTBF. Anne a réalisé de nombreux documentaires et en parallèle, elle s'est toujours intéressée au développement personnel. Ce qui l'anime à ce jour est l'art thérapie, les constellations familiales, le coaching, le développement personnel et le chamanisme.

Fondatrice du compte instagram @merciauninconnu, un compte crée en 2019 lors du premier confinement dont l'objectif était de redonner foi en l'humanité en révélant des histoires positives au plus grand nombre. Un compte qui s'avère unificateur et profondément inspirant avec plus de 220 000 abonnés en un an.


« Ma famille de bien-être s’articule autour de la méditation, notamment la MBSR à laquelle j’ai été formée (Créé en 1979 par Jon Kabat-Zinn au sein de la Faculté de Médecine du Massachusetts, le programme Mindulness-Based Stress Reduction (Réduction du Stress Basée sur la Pleine Conscience) est un programme structuré qui tire ses influences de deux grands courants : celui des traditions méditatives orientales (pratique bouddhiste de vipassana et yoga) et celui de la science occidentale (médecine et psychologie).

Ce programme constitue une approche éducative qui vise, par un apprentissage expérientiel, à développer l’aptitude à répondre plus efficacement au stress, à la douleur et à la maladie en invitant les participants à se relier à leurs ressources internes.

Les participants apprennent à reconnaître leurs réactions habituelles aux difficultés et à adopter une attitude d’acceptation et de non jugement envers toute expérience, y compris les sensations, pensées, émotions ou comportements difficiles).

Lien : Tout savoir sur MBSR (association-mindfulness.org)

« En fait, de retour en France après la Thaïlande, je me suis demandée comment je pourrais conserver une sérénité avec le rythme de vie effréné de la société occidentale, dans lequel on n’a pas forcément le temps de se poser et de s’écouter, avec toutes les obligations personnelles et professionnelles auxquelles on doit faire face. J’ai donc pu faire l’expérience de pleine conscience, de retour au souffle, des étirements, des marches contemplatives et aussi d’écouter l’autre sans jugement, sans l’interrompre… Une superbe expérience.

Dans le cadre de mon travail d’enseignante, j’ai également suivi le programme PEACE (Présence, Ecoute, Attention et Concentration dans l’Enseignement) de l’association AME, L’Association pour la Méditation dans l’Enseignement, qui a pour objectif d’améliorer le climat scolaire grâce au développement des compétences pro-sociales et des pratiques basées sur la pleine présence. L’idée est de former des professeurs afin qu’à leur tour, ils enseignent la méditation aux enfants. Et c’est pour moi une façon concrète d’intégrer mes valeurs à mon projet professionnel : je commence à le mettre en place, avec l’accord de ma directrice avec des enfants vraiment petits, (3/4 ans) et ce sont surtout des exercices de prise de conscience du corps, expliquer le rôle des émotions et de les laisser passer…

En juin prochain, je vais lancer des ateliers de méditation et de yoga (avec une amie professeure de cette discipline) pour les enfants, qui sont de plus en plus perturbés, par les écrans surtout ; à l’école, on voit bien que leur attention est limitée et qu’ils ont des difficultés pour se concentrer plus de dix minutes sur le même sujet ou la même activité. En se posant des questions sur cette diminution flagrante de la concentration des enfants, nous avons essayé de chercher des solutions que je complète via mes podcasts sur des sujets connexes.

Aujourd’hui, mes projets sont de trouver des sponsors pour mon podcast « l’éveil des consciences », pour avoir plus de visibilité, de toucher plus de personnes, et pourquoi pas de me former… En tout cas, de pouvoir continuer et évoluer.

Ensuite la mise en place de la méditation au sein de l’éducation me tient particulièrement à cœur, pour les enfants, en parallèle des ateliers qui commencent en juin. Tout ce qui peut permettre d’éveiller les enfants et d’n faire tout simplement de meilleurs êtres humains, qui respectent la nature, qui respectent les autres… La fondation de tout ça, c’’est d’aider les enfants pour les générations futures.

Je sens que c’est ma vocation. »


La marque Consciousness : HOLISTIC CONCEPT STORE ONLINE • Consciousness concept store

La page Facebook du podcast « l’éveil des consciences » (1) L'éveil des consciences podcast | Facebook

Les différentes plateformes pour écouter le podcast d’Evelyne Denglos :

@leveildesconsciencespodcast | Linktree

(photos : pexels-andrea-piacquadio / Consciousness)

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