Flamencaval, le Flamenco à Valenciennes

La période que nous vivons nous ouvre les yeux.

Sur nous-mêmes, nos limites, nos besoins.

Nos désirs, les envies jamais osées, les rêves jamais réalisés. Certains sont toujours impossibles. D’autres se mettent en place. Ainsi, par exemple, des proches qui travaillent dans le domaine de la formation font état d’un nombre croissant de personnes qui souhaitent se réorienter, faire un métier qui leur ressemble vraiment, changer de vie…

Parmi les désirs endormis, les envies de se faire du bien, d’exprimer une part de sa personnalité que l’on a mis en sommeil trop longtemps, vient la danse, la rencontre de l’expression du corps, de l’équilibre, de l’énergie et de la grâce… Et à ce titre le flamenco est un art tout à part. Et un mystère culturel, apporté d’Inde par les gitans nomades qui lui donnent son style, sa superbe, sans oublier les influences arabo-mulsulmanes, indiennes et africaines.. A l’origine, il ne s’agit que d’un chant. Mais pas n’importe lequel : le « cante jodo », le « chant profond ». Quant à l’origine du mot Flamenco lui-même, les experts se déchirent encore aujourd’hui pour l’établir avec certitude. Parmi les thèses avancées, celle de la traduction de « flamand », venant de l’occupation espagnole des Pays-Bas sous Charles Quint ou encore du fait que nombre de Gitans avaient servi dans l’armée des Flandres… Il pourrait également s’agir d’un mot germanique qui signifierait « flamboyant », ardent »…



Bref, on n’en saura pas plus précisément sur les racines du flamenco… Mais on peut en savoir plus sur l’unique cours de la région Valenciennoise, dispensé par Nathalie.




« Je suis danseuse et professeure de flamenco et de danse : lors de vacances d'enfance en Espagne, je suis tombée amoureuse de cette danse qui me rappelait mes ancêtres maternels Espagnols et Gitans. Plus tard, j’ai participé à mon premier stage en Belgique qui m’a bouleversé. Et ensuite, forcément, je suis allée faire d’autres formations avec de grands maestros, à Séville principalement, qui est la capitale du Flamenco.

Je dirige aujourd’hui deux écoles, l’une à Lille « la Peña Los Flamencos » - là où j’ai commencé il y a 13 ans -, l’autre à Valenciennes, à l’Espace Pierre Richard, prêté par la mairie de Valenciennes. Et j’ai ma propre salle à Hérin (en fait, Nathalie est la femme d’André, brasseur de la Bonne Bière, dans l’ancienne fosse d’Hérin, qui nous a livré une interview très sympa il y a quelques temps. Vous pouvez la retrouver ici) : depuis août dernier, nous avons commencé à transformer deux garages très grands en salle de danse. Nous n’avons gardé que les 4 murs et il y avait tout à faire, à commencer par la toiture, puis nous avons posé un parquet en bois nu spécial pour la danse, sur un quadrillage de tasseaux, afin de donner une meilleure résonnance aux pas de danse. Et bien sûr, il y a des miroirs aux murs. Aujourd’hui, nous en sommes aux finitions… De toutes façons, on a le temps en ce moment !

Il y a même une petite boutique attenante, dans laquelle nous vendons tous les accessoires du Flamenco : des robes, des châles, des fleurs pour mettre dans les cheveux, surtout pour les élèves qui font des galas.

Je garderai toujours le cours de Valenciennes, notamment pour les débutantes : c’est un peu le point de ralliement des amatrices de Flamenco qui découvrent, qui habitent souvent en ville et viennent en métro. Les anciennes – ça fait 7 ans que je donne cours à Valenciennes - feront le déplacement à Hérin : elles sont accros ! Et puis, ça ne fait que quelques kilomètres.

Mais bon, peut-être que dans un futur lointain, je ne serai plus qu’à la brasserie d’Hérin.

J’ai de plus en plus d’élèves et donc, de groupes et la mairie de Valenciennes ne peut m’octroyer qu’un seul créneau, le mercredi à 19h, ce qui ne me donne pas la possibilité de gérer beaucoup de groupes en même temps. J’avais bien un petit studio à mon domicile, mais ce n’était que pour réunir mes élèves les plus avancées, qui ne sont pas nombreuses. Mais de toutes façons, je n’ai donné que 3 cours en tout depuis mars 2020. Donc on verra quand on reprendra ».

Nathalie a bien essayé la visio pendant un petit moment lors du premier confinement, mais pour la danse, on a besoin d’être présent, d’avoir la prof à côté de soi, qui corrige les mouvements, qui explique. Donc, prof et élèves ont toutes décroché, tout en gardant toujours le contact, avec Messenger, par téléphone…

Mais elles ont envie de danser maintenant, plus que jamais !!!

« Avec le beau temps qui revient, je me dis que je vais faire des stages dans les jardins : comme c’est un sport, sans être une danse de contact, j’ai parfaitement le droit d’en organiser. Nous n’avons pas dansé depuis le mois de septembre, et tout est bon à prendre, même si dans les jardins de la brasserie, qui sont immenses, ce sera sur la pelouse. Et en plus, il y a d’autres danses dans l’arbre généalogique du Flamenco, comme les Sévillanes qui peuvent être l’occasion d’un stage ».

En fait, on a des styles de danse différents - folklorique par exemple, comme la Sévillane qui, normalement se danse à deux, sans se coller - et ensuite une trentaine de branches de Flamenco différentes, de danses, de chants… Qui se ramifient encore en sous-groupes de danses et de chants. Mais la Sévillane, c’est ce que l’on danse dans les férias, les fêtes de famille ou de villages.

Pas sur scène.

Cependant, beaucoup de gens aiment apprendre la Sévillane parce qu’ils vont partir là-bas en vacances et se disent que s’ils se retrouvent dans une fête de village et que tout le monde se met à danser, ils sauront quoi faire : les Sévillanes sont toutes pareilles. D’ailleurs, si vous projetez vous aussi ce genre de voyages, contactez Nathalie, via son cours Flamencaval bien avant de partir !

« Chaque année, je crée de nouvelles chorégraphies sur des palos (des styles de flamenco : tangos, allégrias…), pour chaque niveau : initiation, débutant, intermédiaire, avancé. Pendant l’été, je m’isole dans ma bulle d’artiste et je mets au point une chorégraphie pour chaque style qui nous permettra de présenter un spectacle de gala en fin d’année, avec tous les niveaux. Avec des parties musicales entre chaque danse, c’est un show de près de deux heures !



J’aime bien les choses originales et détaillées en tableaux et j’arrive à la reprise des cours fin septembre avec des modules et je m’adapte en cours d’année en fonction de mes élèves, si jamais il y a des choses à changer. Quant à celles qui sont plus avancées, je leur demande de travailler chez elles des propositions qui seront intégrées à la chorégraphie d’ensemble : idées de tableaux, de tenues, de pas...

Comme je suis maintenant bien implantée dans le circuit Flamenco en Espagne, j’ai pu inviter de grands noms pour organiser des stages ou des spectacles à Lille et j’espère pouvoir le faire bientôt - quand tout ça sera derrière nous – à Valenciennes. Je sais qu’il y a de la demande à Lille pour ce type de représentations, mais on va voir comment ça se passe à Valenciennes, mais je suis plutôt confiante dans la mesure où j’ai de plus en plus d’inscriptions.

Sur Lille, il y a une communauté espagnole, pas sur Valenciennes, je pense, mais le succès du Flamenco vient de son aura de vacances, de fête… Pour tous les gens qui sont allés en Espagne un jour, ils sont forcément tombés sur un Flamenco ou sur des gens qui dansent dans les rues et ça interpelle, ça ne s’oublie pas : c’est une danse de caractère qui marque, qui touche le coeur. J’ai des élèves qui arrivent, qui n’en ont jamais entendu, mais qui n’ont qu’une référence : les Gypsy Kings, qui n’ont rien de Flamenco mais qui rendent la culture gitane et espagnole populaire. Ensuite, c’est à moi de les guider et de leur expliquer.

Et ça accroche tout de suite : quand on danse Flamenco, on est musiciens. On fait des percussions avec les pieds, on ne fait pas que danser. Et c’est qui ça qui plaît vraiment aux gens. A Valenciennes, j’ai un guitariste qui joue pendant les cours et à Hérin, j’ai des amis musiciens qui viendront deux fois par mois accompagner à la guitare et au chant. Et avoir cours avec de la musique live, c’est précieux : les élèves comprennent mieux ce que je leur demande de faire avec leurs pieds, grâce aux musiciens qui jouent avec eux. Parfois, j’ai un percussionniste de cajon, un instrument traditionnel du Pérou, ajouté au Flamenco par le grand guitariste de flamenco Paco de Lucia. C’est la base sur laquelle les danseurs vont créer leur partition.



Aujourd’hui, je n’ai que des femmes à Valenciennes.

En début de saison, j’ai eu 2 ou 3 messieurs qui sont venus accompagner leur dame, mais ils ne sont pas restés ; à Lille, j’ai plusieurs garçons. Et pourtant, c’est une danse d’homme. Il faut vraiment qu’ils fassent le pas, parce que ça n’a rien à voir avec le ballet classique et qu’il faut des « corones »… Je ne désespère pas.

A Lille, ça commence à l’âge de 5 ans et sur Valenciennes, je n’ai pas encore ouvert de créneau enfant, mais je pense que ça se fera à Hérin. Comme c’est ma salle, je peux y avoir accès quand je veux. 6 ans, c’est l’âge idéal : ils commencent à être autonomes, savoir maîtriser leurs mouvements, l’équilibre… Et comprendre le rythme.

Mais les petites filles accrochent tout de suite : elles sont fascinées par les tenues. Au début, leurs mamans achètent des petites tenues pas chères sur internet, des trucs de touristes comme on appelle ça, mais elles sont tout heureuses, fières de leurs petites chaussures avec un petit talon… Elles mettent la fleur dans les cheveux et on leur donne un éventail : avec ces accessoires, on peut leur apprendre en jouant et il y a une interaction qui se crée directement. A ce stade, leur mettre des clous sous la chaussure n’a pas de sens, parce qu’on ne leur apprend pas encore des pas très compliqués, plutôt des « passes » simples, qui restent de l’ordre du jeu. Au bout de 2 ou 3 ans de pratique, elles peuvent accéder aux chaussures à clous. Et certaines peuvent même accéder directement à des cours d’adultes 1er niveau, si elles ont les capacités. En Flamenco, on prend des cours toute sa vie (cette danse est classée depuis 2010 comme Patrimoine Immatériel de l’Humanité, quand même !) ; moi-même, je continue a suivre des stages avec des maestros, parce que c’est important de se tenir en éveil ; pour les concours, je n’en fais pas, d’abord parce que je n’ai pas l’esprit de compétition et que je n’ai pas besoin de savoir que je suis meilleure qu’unetelle ou le contraire et ensuite parce que ça n’existe pas du tout dans notre région. C’est surtout en Espagne, en Andalousie et dans le sud de la France.

Je préfère faire de la scène ».


Pour en savoir plus sur le Flamenco et aller le vivre sur place : c'est ici


Pour découvrir les différents « palos », c'est là


Et si nous avons la chance de pouvoir voyager cet été, pourquoi ne pas aller soutenir cette culture de grâce et de caractère directement là où elle le plus besoin de touristes ?


Quelques bons plans pour assister à un spectacle de Flamenco : ici


Mais le mieux, c’est demander à Nathalie sur la page Facebook de Flamencaval ou sur son site

photos (Flamencaval et pexels / mark neal - konstantin mishchenko)

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